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Opinions

Antisémitisme : en finir avec le poison de la rumeur

Ce mardi 2 août, dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti et la Première ministre Elisabeth Borne se sont déshonorés. En donnant un caractère officiel au procès abject en antisémitisme mené à l’encontre de la France insoumise, ils ont, non seulement, insulté une partie de la représentation nationale mais ont rendu, par la même, un bien mauvais service à la lutte contre l’antisémitisme. 

Eric Dupond-Moretti parle de Jérémy Corbyn, l’ancien chef du Parti travailliste britannique. Il faut rappeler que si celui-ci a été suspendu de son parti le 29 octobre 2020 à la suite de la publication d’un rapport sur l’antisémitisme, il a été réintégré par l’instance dirigeante du parti le 17 novembre 2020. Il ne lui était d’ailleurs pas reproché des propos ou des actes antisémites, mais de ne pas avoir agi suffisamment contre l’antisémitisme. De plus, nous n’avons pas de lien particulier avec lui. Profiter de sa présence en France pour transformer nos parlementaires en antisémites est donc d’une malhonnêteté crasse. C’est l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours.

Face aux protestations du président du groupe socialiste Boris Vallaud, Elisabeth Borne a fait référence, à son tour, à une résolution proposée par le groupe communiste à l’Assemblée Nationale. Ce texte qualifie la politique actuelle du gouvernement israélien de politique d’apartheid. On peut bien sur discuter de la pertinence de ce terme pour décrire au mieux la réalité du conflit israélo-palestinien. Certaines voix de la NUPES se sont exprimées en ce sens et c’est un débat légitime. Mais, en tout état de cause, ce terme ne fait pas de ceux qui l’utilisent des antisémites. Plusieurs ONG, comme Amnesty International ou Human Right Watch, reprennent ce qualificatif, tout comme le Parti Communiste Israélien, que l’on peut difficilement qualifier de parti antisémite.

Pire encore, alors que cette résolution est à l’initiative de nos camarades communistes, Elisabeth Borne l’utilise pour flageller les insoumis tout en absolvant les autres groupes de la NUPES. Car en réalité, elle n’a rien à faire de la véracité des attaques qu’elle profère. Elle poursuit seulement un objectif politique : détacher la France insoumise des autres composantes de la NUPES pour empêcher toute possibilité d’alternative à gauche. Mais cette tentative est vaine, comme l’a démonté notre réaction commune face aux propos des ministres au sein de l’hémicycle.

Ces interventions ne s’appuient donc sur aucun élément sérieux. Elles ne visent qu’à propager le poison de la rumeur pour disqualifier l’opposition principale à Emmanuel Macron et à sa politique. Car une fois ces polémiques absurdes écartées, il ne reste plus que les faits. Ils sont simples et méritent d’être énoncés clairement. 

  1. Aucun militant, dirigeant ou élu de la France insoumise n’a jamais tenu de propos ou commis d’actes antisémites. 
  2. Aucune poursuite pour antisémitisme n’a jamais été engagé contre une personne appartenant à la France insoumise. 
  3. Les procédures judiciaires engagées par Jean-Luc Mélenchon contre ceux qui l’avaient accusé d’antisémitisme se sont traduites par des condamnations pour diffamation. 

Le débat politique, même conflictuel, mérite mieux que ces tentatives de disqualification. Elles posent d’ailleurs un problème de cohérence. Car s’il y a des antisémites sur les bancs de l’Assemblée Nationale, il faut les traduire devant les tribunaux. Et si nous sommes, nous, députés de la France insoumise, des antisémites, alors il n’est pas compréhensible que trois ministres du gouvernement d’Emmanuel Macron viennent débattre (sans complaisance) avec nous lors de nos prochaines universités d’été. Dupond-Moretti et Borne doivent donc s’excuser.

Car nous n’avons pas l’intention de courber l’échine. Chacune de ces attaques donnera lieu, de notre part, à une réaction claire et immédiate, comme nous l’avons fait ce mardi en quittant l’hémicycle. Et chaque accusation publique sera poursuivie devant les tribunaux. Car il est temps que cesse cette infamie.